Marche aléatoire autour des Marchés financiers et de la sphère économique. Peinture décalée d'un monde empli de certitudes qui oublie trop souvent ses leçons d'Histoire
Voici un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. C'était avant l'aggiornamento de 1987, quand on criait encore les ordres sous la voûte du palais Brongniart, le temps des runners et des traders qui s'activaient à la fosse, celui des remisiers et des pieds-humidesUn îlot de solennité surnageait malgré le désordre à l'entour. La corbeille du palais Brongniart, où l’on cotait la fine fleur de l’industrie française, Aquitaine, Peugeot, Citroën, Wendel … maintenait une étiquette sévère et un protocole des plus stricts : l’atmosphère raréfiée du parquet, que seuls les Agents de Change foulaient, semblait étouffer les cris des courtiers qui opéraient plus loin, et cette gravité dissipait une retenue aristocratique… qui géraient les titres Hors Cote à l'extérieur du temple, battant la semelle à l'entour des colonnes corinthiennes, sous la pluie et à tous les vents, le temps des bouts de papier et des coupons. C’était un temps où toute une partie du carnet d'ordres pouvait rester non exécutée lorsqu'une plage de cours était laissée vierge. Ainsi, quand aucun titre ne s’était échangé dans l’intervalle, des ruptures de cotation, à la hausse ou à la baisse, survenaient : un gap naissait, c’est-à-dire une discontinuité dans les prix, une plage de cours non estampillée. D'aucuns conclurent qu'il y avait à dire.